Choix de l'animal d'attelage

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


Choisir un animal d’attelage dépendra essentiellement du type d’activité que l’on veut pratiquer.

TEXTE : JEAN CLOPÈS - PHOTO : VALÉRIE THÉVENOT

Morphologie

À poids égal, des animaux ayant « de l’os », des membres épais et « près de terre » pourront développer plus de force et seront plus adaptés pour le travail au pas : labour ou débardage. À l’inverse, des équidés plus fins avec « de l’air sous le ventre » seront plus aptes à trotter et adaptés à la traction légère. Pour pouvoir forcer, l’animal doit avoir une encolure bien orientée, pas renversée, de manière à présenter un dos musclé et en place.

Locomotion

Un animal destiné à être utilisé au trot, devra avoir des allures amples et légères. Un équidé destiné au transport lourd devra fournir un pas rapide et étendu. À l’inverse, celui destiné au labour ou à la vigne aura de petites foulées pour pouvoir marcher le plus doucement possible.

Certains défauts théoriques d’aplomb ou d’allure peuvent devenir des qualités dans certaines activités : un pas précipité permet de couvrir du terrain rapidement. Un jarret coudé aide à pousser avec force dans le pas. Autre exemple, un jarret droit ou un animal qui se déjuge facilite la marche très lente dans la vigne.

Force

La force est l’action qui permet de déformer ou de déplacer un corps, son unité de mesure est le kilogramme force ou le newton. À poids égal, la force de l’âne ou de la mule sera une fois et demie plus élevée que celle du cheval. La force d’un équidé dépend de son poids, mais aussi de son tempérament, de son influx nerveux.

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Tempérament

Dans le choix d’un animal ce paramètre est aussi important sinon plus que la morphologie. À quelques exceptions près, il n’y a pas d’équidés d’attelage vraiment polyvalents. Chaque modèle associé à un caractère détermine une orientation, une spécialisation dans l’utilisation : les animaux ayant « du jus » seront réservés au sport ou au travail dans les allures vives. Pour un travail de précision qui se fait au pas, on optera pour un tempérament froid et très calme.

À l’intérieur de chaque race on peut rencontrer des modèles très différents (de léger à lourd) et des caractères complètement opposés. C’est pour cela qu’il ne faut pas fixer son choix uniquement sur la race. Bien sûr on trouvera plus facilement une mule de labour parmi celles issues de juments de trait, mais cependant, toutes ne seront pas aptes à ce travail. Autrefois les chevaux étaient classés en fonction du modèle et de l’utilisation et non en fonction de la race (trait lourd, postier, artilleur, carrossier, trait léger, de chasse, de selle…). Le même principe peut s’appliquer aux ânes et aux mulets.

En conclusion

Optez pour un modèle, plus que pour une race, en fonction de la force nécessaire, du type d’activité et de l’allure principale au travail. Même chose pour le tempérament : ce dernier est certainement plus important que le modèle dans l’orientation de votre choix, surtout pour les activités de loisir, majoritaires chez les utilisateurs d’ânes. ■

Force de traction optimale

Pour Jean-François Cottrant, formateur en traction asine, la force de traction optimale de l’âne est égale à 15% de son poids.
Un âne de 300 kg travaillera de façon optimale en exerçant une force de traction de 40 KF. Si la force est supérieure, cela vous obligera à diminuer le temps de travail ou à avoir recours à un second âne.
Mais par expérience, Jean- François Cottrant précise bien qu’« il ne faut pas perdre de vue que travailler avec des êtres vivants, c’est aussi unir plusieurs forces naturelles, pas forcément coïncidentes et [que] les lois de la physique et les méthodes d’apprentissage, même s’il est nécessaire d’en tenir compte, sont quelquefois battues en brèche par la réalité têtue du terrain ».

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