L'Asinerie Pinseguerre

Les Cahiers de l'Âne • 01/12/2014


Installés dans le Lot et Garonne depuis 31 ans, Caroline et Luc Garnier ont développé leurs activités autour des ânes en se professionnalisant après un parcours dans différents métiers et sur d’autres régions. Rencontre avec deux personnalités fort attachantes.

TEXTE ET PHOTOS : VALÉRIE THÉVENOT

La route serpente quelque peu, les larges vallons dessinent des courbes douces où le soleil s’accroche sur leurs contours les faisant briller en ce matin de printemps. En contrebas une allée d’arbres accompagne un chemin qui monte vers une bâtisse au pigeonnier imposant. Est-ce là Pinseguerre ? Si oui, c’est magnifique. Oui, c’est bien là !

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Dans la grande cour, une armada de petites voitures aux couleurs bariolées attendent d’être conduites sur les chemins des alentours. Poules et coqs tout autant bariolés slaloment entre les roues. Sur ce site d’une vingtaine d’hectares, la tête est à la rêverie et les pensées vont vers les ânes. En tout, une quarantaine d’ânes stabulent autour des bâtisses. Ânes Sardes en majorité, Pyrénées, âne blanc d’Égypte avec la vieille Hirsute qui s’est révélée stérile, Grands Noirs du Berry…

Ce sont les plus petits d’entre tous, les sardes, qui ont fait chavirer le cœur de nos hôtes vers le monde de l’âne. Nous sommes en 1989, et c’est la révolution pour les Garnier ! Fini la station service nivernaise, fini l’élevage d’oies si astreignant, maintenant place aux ânes, à l’attelage et à la randonnée. Les blancs Hirsute et Têtu suivis par les petits gris Grisette et Bravo font leur entrée.

Par ailleurs, Luc se lance dans la fabrication et la vente de petites carrioles, les mêmes qu’aujourd’hui. Ils se font connaître auprès des comités des fêtes, passent tous deux leur brevet de meneur, et participent ainsi à des fêtes locales en proposant des balades au public. Les origines paysannes des Garnier se révèlent à nouveau à travers l’élevage, leurs lignées sardes se développent et leur bonne réputation également. Il faut dire que leurs petits gris sont de beaux modèles. Des tests génétiques réalisés sur un certain nombre d’entre eux ont d’ailleurs appuyé cette belle qualité d’animaux : « Les sardes de Pinseguerre se sont révélés même plus purs que certains des haras sardes ! »

Vivre de sa passion

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Pour pouvoir vivre de ce qui est devenu leur passion à tous deux, nos éleveurs multiplient les activités et se tournent vers le tourisme également.
Aujourd’hui, de nombreux itinéraires s’évadent de leur ferme pour s’éloigner sereinement sur les sentiers du Périgord Pourpre. « Il n’y a pas de saison plus adaptée qu’une autre, les visiteurs viennent généralement quand la météo est au beau fixe ! » Que l’on soit à pied avec un âne bâté, en selle, ou bien sûr à l’attelage avec une des carrioles colorées, la plupart des visiteurs qui goûtent à ces moments d’évasion reviennent.

Du caractère, à tout point de vue !

Ici, le cadre est très agréable, bien pensé, prêt à vous accueillir et il y a sans aucun doute deux personnalités pour mener tout ce petit monde !

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Caroline, pour qui la connaît, est un personnage à elle toute seule. Tout est vérifié, tout est nettoyé et remis immédiatement à sa place après utilisation. D’un caractère fort, avec une voix nette et claire, elle n’en est pas moins une femme très attachante avec qui les discussions peuvent se révéler animées, mais qui se finissent aussi dans un éclat de rire. Derrière la rudesse apparente se cache de la générosité, et c’est comme trouver un trésor lorsque l’on arrive à l’atteindre.

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Quant à Luc, d’un caractère plus calme, ce qui l’anime aujourd’hui, c’est l’éducation des jeunes ânes. « Je m’y prends dès leur plus jeune âge. Je les sors en licol plusieurs fois, je leur apprends les ordres à la voix, puis je les travaille vers leur un an aux longues guides, et quand leur croissance arrive à terme, alors je commence à les mettre à l’attelage. » Tout en douceur, tranquillement, quand il ne fait pas trop mauvais aussi, Luc les travaille à leur rythme, et petit à petit les animaux apprennent leur métier.
Le « plus » indéniable de cet élevage, c’est que tous les ânes ont non seulement de beaux modèles, qu’ils sont bien suivis, mais qu’ils sont également bien éduqués. Et cela fait la différence quand on souhaite un jour acheter un âne pour pouvoir partager des activités avec lui.

En venant à l’Asinerie de Pinseguerre vous arriverez dans un endroit un peu d’un autre temps, mais ô combien charmant. N’économisez pas vos discussions avec nos hôtes, prenez le temps, laissez-vous porter, baladez-vous dans les prés, et bien sûr partez en randonnée avec leurs ânes. Profitez de chaque instant, vous verrez, c’est un régal ! ■

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