Initiatives communales à Vendargues

Les Cahiers de l'Âne • 01/05/2012


Initiatives communales à Vendargues

À l'heure où l'actualité est à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la municipalité de Vendargues conduite par le maire Pierre Dudieuzère, a envisagé une action qui joue un rôle important dans la vie des citoyens Vendarguois et qui marque la volonté de réduire ses émissions.

TEXTE & PHOTOS : JOSY, AVEC LA PARTICIPATION DE LA VILLE DE VENDARGUES

Aux portes de la petite Camargue, ce village doté de 6 000 habitants dont 150 cavaliers et autant d'équidés, a mis en place la première patrouille « Police Municipale Montée » en 2002. Le Maire, passionné de chevaux, ancien cavalier et maintenant meneur, n'a pas tardé à rallier à son souhait d'utiliser le cheval dans la vie courante le Président de Région Georges Frêche. Encourageant toutes les initiatives de Vendargues, il lui offrit la possibilité d'avoir son premier cheval.

Collecte des déchets ménagers par traction animale

C'est ainsi que le 14 décembre 2010, le trait comtois Quignon fait son apparition dans le paysage urbain pour la collecte des déchets ménagers en tractant une voiture hippomobile. Cette entreprise a été d'autant plus facilitée que la commune dispose d'un quai de transfert.

undefined

Ensuite, il a fallu trouver un meneur, et ça ne s'improvise pas ! Un jeune homme, cavalier lui-même, est proposé ; une formation comme meneur aux côtés de Sonia, elle-même propriétaire de chevaux et meneuse, a complété sa qualification. Désormais, le cœur du village est collecté. Un système de sacs de couleur différencie le type de collectes : déchets ménagers, emballages souillés et emballage recyclables. Chaque sac est suspendu à un crochet en façade d'immeuble. Résultat immédiat : disparition des grosses poubelles sur les trottoirs et circulation autant facilitée. Il est à noter que depuis cette nouvelle collecte, le tri sélectif a été amélioré de 90%.

Devant l'engouement de la population de voir ainsi déambuler cet attelage dans les rues, il a été proposé aux parents d'élèves de créer un service de ramassage scolaire hippomobile.

Service innovant : l'hippobus est né !

Le temps de mettre ce nouveau service en route, deux jeunes femmes partent en formation de meneur. Diplôme en poche, voici Agnès aux guides aidée de Lesly pour la sécurité.

Et c'est en septembre 2011, quelques jours après la rentrée scolaire, que l'hippobus fait donc son apparition. Un itinéraire est établi avec une quinzaine d'arrêts pour desservir les cinq écoles que compte le village. Les résultats ne tardent pas à se faire connaître. Les parents et les enfants sont tous ravis. Les élèves pour pouvoir bénéficier de l'hippobus ont signé un contrat de bonne conduite consistant à respecter les règles de sécurité, en montant, en voyageant et en quittant la voiture.

undefined

Deux fois par jour ce sont désormais 26 enfants qui se rendent à l'école avec Quignon, devenu la coqueluche du village... et autant de véhicules particuliers qui ne circulent plus dans le bourg ! Mais voilà la commune victime de son succès. D'autres enfants demandent à être eux aussi acheminés à l'école avec Quignon. Devant cette affluence, un second cheval est en préparation pour être attelé en paire avec lui et une voiture avec plus de places assises a dû être commandée.

Un nouveau service hippomobile pour cet été

Durant la période estivale, le ramassage scolaire étant interrompu, le cheval sera utilisé pour l'arrosage des espaces verts communaux. Une carriole spécialement aménagée avec une tonne à eau sera ainsi mise à la disposition de l'équipage.

Vendargues devient une ville de référence

Quignon ayant fait la « Une » dans la presse locale, régionale, nationale et télévisuelle, beaucoup de communes du département et de plus loin (Communautés de Communes d'Ariège et du Var) se sont rapprochées de Vendargues pour profiter et s'inspirer de son expérience. Elles ont ainsi constaté sur place que la réhabilitation du cheval dans le quotidien participe non seulement au respect de l'environnement mais aussi à un certain « Art de vivre », vecteur de traditions et de convivialité.

Mais ce n'est pas tout ! L'Âne de Provence Tamaris a également fait son entrée au cœur de la cité.

undefined

Une bien belle complicité

L'entraide et la solidarité ne sont pas des vains mots à Vendargues. Et Richard Moreau le sait bien. Traversant une situation de vie très difficile, sans emploi depuis trop longtemps, le moral qui chute, ce passionné de chevaux trouve en M. le Maire une réponse amicale et salvatrice à son désarroi. Ce dernier décide d'offrir un nouveau service à la population. Il embauche Richard comme cantonnier et achète l'âne de Provence Tamaris afin d'assurer la propreté des espaces verts, des caniveaux et des trottoirs. Feuilles et détritus ont désormais la vie dure ! Et voici une autre façon écologique de faire du nettoyage.

Tamaris est un âne de 5 ans, débourré par un ami meneur qui l'a mis ensuite à l'attelage. Richard, qui n'avait pas encore eu l'occasion de travailler avec des ânes, lui a appris petit à petit à supporter le bât. Entre eux deux, une bien belle complicité commença à s'installer.

Et c'est ainsi que depuis quelques semaines, les nouveaux quartiers se voient sillonnés méticuleusement par Richard et Tamaris. À leur passage, les enfants et même les adultes n'hésitent pas à venir à la rencontre de ce tandem. De nombreuses caresses sont prodiguées à l'âne de Provence. Cette petite monture offre d'innombrables avantages, dont un relationnel avec la population non négligeable. Après Quignon, Tamaris va-t-il devenir la nouvelle coqueluche de Vendargues ?

undefined

Pour Richard, cette expérience professionnelle, ce n'est que du bonheur. Déjà pour avoir retrouvé un emploi, d'exister à nouveau aux yeux des autres, de se refaire une place dans la société, et de pouvoir partager, échanger autour de son activité si peu commune dans sa forme. Et puis bien sûr, la présence de Tamaris est essentielle à cette renaissance. La complicité magnifique qui se dégage de ce tandem, la générosité et le calme légendaires de l'âne offrent à Richard une sérénité et un bonheur mérités. C'est évident, la passion est primordiale et la patience pour créer une vrai complicité aussi, et à cela s'ajoute la tendresse à l'écart du public dont fait preuve Richard à l'égard de Tamaris.

undefined

Au retour de sa tournée, Richard donne une dernière caresse à son compagnon aux longues oreilles. Tamaris va maintenant retrouver dans le pré ses compagnons poneys. Un abri a été mis à leur disposition pour les jours d'intempéries et Richard met un point d'honneur à tenir cet emplacement parfaitement propre pour ne causer aucune gêne aux riverains. Demain dimanche, Richard viendra voir Tamaris dans son pré, pas une journée ne se passe sans que les deux amis se retrouvent.

Une économie de gaz à effet de serre

Comparons un camion BOM de 3,5 t (Benne Ordure Ménagère) et le cheval territorial :
Les émissions en équivalent CO² pour 1 km parcouru par un BOM de 3,5 T sont de 0,330057 kg eq CO². Ce chiffre comprend uniquement la combustion du carburant. Pour une distance parcourue de 4 680 km, le BOM dégage 1 545 kg eq CO².
La mesure d'émission pour le cheval est de 913 kg eq CO².
Le cheval permet donc de diviser l'émission de gaz à effet de serre par 1,7.

Conclusion

Que ce soit du point de vue environnemental, social ou économique - les trois piliers du développement durable - les équidés sont un moyen de transport à privilégier. Ici, le choix de réaliser la collecte des déchets sur une partie du territoire avec une hippomobile montre un impact environnemental indéniablement positif. L'hippobus et l'âne cantonnier quant à eux multiplient les échanges conviviaux parmi les habitants, nourrissant ainsi le lien social. Et puis l'utilisation d'équidés s'est révélée fédératrice d'emplois puisque deux postes municipaux ont été ainsi créés à plein temps... Une bien belle réussite ! ■

Une économie financière non négligeable

BILAN FINANCIER POUR UN ATTELAGE 1 CHEVAL

Investissement 26 500 €
1 cheval : 5 000 €
1 remorque benne : 20 000 €
1 harnais : 1 500 €

Entretien par an 9 360 €
pour le cheval de trait : 680 € par mois soit 8 160 €/an
pour la remorque : 1 200 €

BILAN FINANCIER POUR UN BOM

Investissement 56 000 €

Entretien 3 854 €/an
camion : 0,40 € du km soit 1 872 €
carburant : 4 680 x 25/100 x 1.16 = 1 357 €
contrôle technique : 125 €
assurance : 500 €

Mots clés âne cantonnier Vendargues