Plantes toxiques (1)

Les Cahiers de l'Âne • 01/11/2011


Plantes toxiques (1)

Pour l’âne, équidé comme ses cousins poneys et chevaux, savoir identifier les plantes dangereuses reste du domaine de la survie. Principales composantes de leur environnement, ces plantes sont leur source de vie, mais peuvent devenir également l’instrument de leur mort.

TEXTE : MARC PLANCHE

Devant les dangers de la non-connaissance de l’univers végétal, tous les équidés sont égaux ou presque. C’est pour cela que nous allons considérer ici les équidés de façon générale et non l’âne en particulier.

En effet, leurs besoins alimentaires ne sont pas forcément les mêmes ; leurs processus de digestion, d’assimilation et d’absorption n’ont pas forcément les mêmes performances, mais les effets après ingestion de plantes toxiques sont tout autant dévastateurs. Leur estomac ne dispose pas d’une flore bactérienne « d’épuration » comme les ruminants. Ne pouvant ni vomir, ni régurgiter les aliments nocifs, il vaut mieux prendre des précautions pour éviter qu’ils ne croisent ces « serial killers » végétaux.

L'acquis pour étayer l'inné

Comme dans d’autres secteurs de leur apprentissage, nos amis doivent faire bonne usage du principe de l’inné et de l’acquis. Il intervient dans cet aspect de la « connaissance » des plantes une partie d’instinct (odeur, couleur, aspect…) et une partie d’apprentissage dans les tous premiers mois de leur vie par l’observation de leur mère. Le petit broute exactement là où broute la mère, nez à nez. Lorsque la mère trouve une plante dangereuse, elle émet avec les naseaux un  bruit spécifique, sorte de ronflement d’alerte que le cerveau du petit associe à l’odeur spécifique de la plante. Mais comme pour nous, humains, l’apprentissage peut se révéler plus complexe d’un individu à l’autre, ou incomplet de part le biotope fréquenté et qui ne représentera jamais qu’une partie des plantes que nos compagnons seront amenés à croiser durant leur existence. Pour ne pas négliger le principe de l’acquis, essayons de ne pas interrompre trop tôt l’apprentissage des jeunes animaux en les écartant prématurément de leur mère. Bref, il existe une part de risque dans le comportement alimentaire de nos animaux, part de risque qui nous incombe à nous, propriétaires, de minimiser par l’effort de connaissance des plantes les plus dangereuses, sachant, qu’aujourd’hui, cette connaissance est loin d’être complète.

L'inné est ce dont un être dispose à sa naissance.
Ce concept se rapporte ainsi à la nature. Par opposition,
ce qui est acquis concerne les transformations
intervenues après la naissance,
les apprentissages par l'éducation et
tout ce qui est de l'ordre de la culture.

Stimuli internes ou externes

Les comportements vont affecter des formes différentes en fonction du milieu, des saisons, des besoins (stimuli internes), de l'âge, des expériences antérieures et de l'état physiologique du sujet.

Tous les comportements ont un double déterminisme. D’une part les stimulations internes ou endogènes : tout ce qui est physiologique comme les hormones ou l'appétit. D’autre part les stimulations externes ou exogènes : tout ce qui vient de l'environnement de l'animal comme les congénères, individus de la même espèce, ou une bonne proie. Mais surtout, les comportements se distinguent en deux grands domaines éthologiques :

  • La partie innée qui dépend du patrimoine héréditaire de l'espèce. Ce sont les comportements inscrits dans les gènes : l'instinct.
  • La partie acquise, qui est le résultat de l'expérience, de l'apprentissage individuel. Ce sont les comportements intelligents, de raisonnement, et également ce que l'on appelle les réflexes conditionnés. Il ne faut jamais perdre de vue que dans la plupart des cas, inné et acquis sont étroitement imbriqués dans les comportements que l’on peut observer.

PLANTES ORNEMENTALES D'EXTÉRIEUR

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Robinier (Robinia pseudoacacia)

Également appelé faux-acacia. L’écorce, les feuilles, les fleurs ainsi que les baies sont toxiques. Seule l’écorce est mortelle : 150 g suffisent à entraîner des troubles digestifs mortels.

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  • Toxine : Toxalbumine robine et phasine
  • Signes d’intoxication : Troubles digestifs et cardiaques. Coliques spasmodiques avec excitation et sudation. Démarche chancelante, paralysie, hautement toxique pour le foie et la muqueuse digestive. Laisse des lésions irréversibles, mort. Pour l’ingestion d’écorce, les troubles sont la salivation, des coliques (spasmodiques), des diarrhées, des troubles cardiaques, des troubles nerveux (trouble de la démarche, convulsions et paralysie).
  • Remède : Ce que peut faire le vétérinaire : en cas d’ingestion massive, purger d’urgence, administrer des toniques rénaux et cardiaques, mettre sous perfusion.
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