Pâture - anticiper l'automne

Les Cahiers de l'Âne • 01/08/2014


Pâture - anticiper l'automne

Selon les conditions météo locales, le printemps est souvent synonyme de redémarrage de la pousse des végétaux. Après une période estivale en général assez aride pendant laquelle la végétation se met au repos, l'automne avec une augmentation des précipitations entraîne une reprise de la pousse.

TEXTE : ROMUALD LINÉ- PHOTOS : VALÉRIE THÉVENOT

Même si comparée à l'été la pousse automnale est plus conséquente, elle reste beaucoup plus faible qu'au printemps. Et lorsque le froid revient et que l'hiver s'annonce, elle ralentit à nouveau.
Dans notre dernier numéro vous avez pu lire qu'en été avec l'augmentation des températures et le manque d'eau, les apex (bourgeons placés au niveau du sol) et les plateaux de tallage (partie de la plante pouvant produire des tiges ou talles) survivent en attendant de meilleures conditions afin de produire une nouvelle pousse. D'où l'importance d'un temps de repos conséquent entre deux coupes.

Doser le temps de pâturage

« UNE SEMAINE DE PÂTURAGE EN TROP EN AUTOMNE
VEUT DIRE TROIS SEMAINES DE RETARD AU PRINTEMPS »

Vous avez peut-être déjà entendu ce dicton ou une de ses nombreuses variantes qui insiste sur l'importance de la création de réserve en automne afin de pouvoir résister à l'hiver et ainsi repartir dans de bonnes conditions au printemps.
Au-delà de l'aspect « réserve » il en va aussi de l'équilibre de la prairie. Si les réserves sont importantes, alors le démarrage au printemps sera rapide ce qui entraînera une production satisfaisante et une bonne concurrence avec les adventices (mauvaises herbes).
Si la quantité d'herbe est importante au printemps et si les ânes pâturent trop longtemps, non seulement les réserves seront diminuées mais une augmentation du piétinement du sol, souvent humide à cette période, entraînera une compaction et des conséquences négatives pour le couvert herbeux : des zones nues se développeront. On voit souvent apparaître alors certaines espèces comme le trèfle blanc mais aussi la mousse et autres adventices envahissants. Bien sûr d'autres facteurs sont aussi à prendre en compte comme l'humidité ou l'acidité du sol.

Préparer l'hiver

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Si cela vous est possible, éviter le surpâturage, sinon sacrifier une petite parcelle aux piétinement pour économiser d'autres parcelles.

Afin de mieux préparer l'hiver il est possible d'adopter certaines pratiques.
La toute première est bien sûr d'éviter le surpâturage en automne, avec une bonne rotation sur les parcelles afin de garantir un temps de repos au couvert herbeux.

Si cela n'est pas possible, il vaut mieux alors sacrifier une ou deux parcelles qui seront alors piétinées. Ensuite il faudra peut-être apporter une fumure en fin d'été pour aider à la création de réserves. Un sursemis de ray-grass est aussi envisageable, de même qu'un semis à la volée de fétuque (avec ou sans griffage) lorsque le terrain est dur en fin d'été afin de densifier le couvert.

Mais d'ici l'arrivée de l'automne, profitez bien du soleil. Et alors viendra le travail dans la pâture, l'hiver prenant ses quartiers à sa suite. ■

Sources
«
Les Biodocs du Groupement régional d’agriculture biologique de Basse-Normandie » (GRAB), de l'Association d’agriculture écologique de l’Orne (AGRECO) et de l'association Nature et Progrès.
«
Conditions de levée de dormance des principales plantes bio-indicatrices » Gérard Ducerf, Éditions Promonature, 2011.

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