Sarcoïdes, expérience de soins

Les Cahiers de l'Âne • 01/12/2015


C'est l'histoire d'un homme courageux qui a réussi à force de soins et de persévérance à juguler les sarcoïdes apparus soudainement sur le corps de son âne. L'aventure a duré plus d'un an, avec des hauts et des bas et elle nous encourage dans la lutte contre ces vilains sarcoïdes.

TEXTE : DR VÉTÉRINAIRE JENNY HARY - PHOTOS : DONATIEN GUILLOT

Ce récit-photos est l'occasion de rappeler des chiffres et des options thérapeutiques concernant la tumeur cutanée dominante chez les ânes. Nous regrettons forcément l'absence d'un produit magique, d'une toute dernière nouveauté révolutionnaire qui nous en débarrasserait définitivement. En attendant le mi-mi, le ra-ra, le miracle, nous gardons le lien avec les techniques actuelles et restons attentifs aux évolutions de la recherche équine.

Petits rappels sur les sarcoïdes

90% des tumeurs cutanées chez l'âne sont des sarcoïdes. Ces tumeurs touchent plus les mâles que les femelles, âgés de trois à six ans pour la plupart. Les localisations préférentielles sont les membres (45%), la tête (32%), le fourreau et les zones déclives du ventre (20%). Les tumeurs multiples sont fréquentes sur les zones de peau fine ou traumatisée.

L’exérèse chirurgicale peut être la première étape d’une prise en charge plurithérapeutique mais seule elle comporte de forts risques de récidive. Elle doit être suivie d’une chimiothérapie dont la disponibilité dépend d'accréditations et se pratique dans des centres dédiés. Des cas de rémission spontanée ont été observés. En prenant en charge, on peut raisonnablement espérer une guérison dans la majorité des cas traités.

Une pommade qui peut être utilisée à la maison semble particulièrement intéressante : la Selekt XXTerra® ou Red Balm® est à base de chlorure de zinc et d’extraits de rhizome de sanguinaire (Sanguinaria canadensis ou Sang-Dragon). Son utilisation sur un sarcoïde provoque une stimulation des réactions immunitaires et aboutit à un rejet du sacoïde par l'organisme. Au cours de ce processus, une douleur transitoire peut apparaître. Le traitement consiste en l'application de 3 à 5 mm de pommade sur le sarcoïde pendant quelques jours avec ou sans pansement.
Après un premier traitement le sarcoïde est enflammé et douloureux et prend l’apparence d’une croûte qui doit tomber. Un renouvellement de l’application de la pommade peut être nécessaire. L’efficacité de ces pommades apparaît être supérieure à 90%. Elle nous intéresse particulièrement car elle a été utilisée avec succès par M. Donatien Guillot qui nous raconte l'histoire des sarcoïdes de son âne.

Juillet 2014

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1. Notre âne âgé de cinq ans et demi est particulièrement attaqué par des mouches qui envahissent et piquent ses jambes. Je découvre un petit bouton dur au niveau de la face interne de l’antérieur droit.

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2. Quelques jours plus tard, une trace suspecte de forme plate et d’une taille inférieure à 10 mm sur le fourreau. Le vétérinaire conclut à la présence sur l’antérieur droit d’un sarcoïde verruqueux de 1,5 cm de diamètre et sur le fourreau un probable deuxième sarcoïde débutant.
Il prévoit pour la jambe à l’automne (après la période des mouches) un traitement à la racine sanguinaire rouge. Pour celui du fourreau, il préconise une surveillance simple, la chirurgie présentant de forts risques de récidive. En fait, il pense que si l’on parvient à détruire le premier sarcoïde, le deuxième pourrait ne pas se développer...
En attendant il faut trouver une solution contre ces terribles attaques de mouches résistantes même aux meilleurs répulsifs. Le vétérinaire conseille d'ajouter de l’ail dans la nourriture de l’âne. Hors de la zone du sarcoïde, j’applique un shampoing antiseptique qu'il m'a prescrit, rince et sèche 1 fois par jour les jambes ; puis je mets un peu de pommade Mytosyl®.

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3. Nous fabriquons avec mon épouse des « culottes » dans de vieux draps de coton que nous lavons chaque jour. L’âne les porte la journée et on lui enlève la nuit. Chaque jambe droite de pantalon (atteinte du sarcoïde) est marquée d’un « S » afin de ne pas la mettre en contact avec la jambe gauche .

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4. Août : le sarcoïde de la jambe a considérablement grossi et se met parfois à saigner. Je téléphone au vétérinaire : il faut le faire sécher, appliquer de la pommade Bétadine® et éventuellement un pansement. Puis, continuer de le protéger des mouches.

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5. 11 Août : le sarcoïde de la jambe est nettement plus proéminent mais il ne saigne plus.

6. 11 Août : celui du fourreau devient légèrement plus visible.

1er Septembre

Le vétérinaire revient pour commencer dès maintenant le traitement. Il sédate mon âne et tond la zone tout autour du sarcoïde. Après avoir passé un gant en caoutchouc, il badigeonne le sarcoïde de pommade Red Balm® puis applique un pansement dessus.

Après un nettoyage à la Vétédine Solution ®, l’application est à renouveler une fois par jour sous pansement pour protéger la zone de soin des mouches et ce, pendant 8 jours. Puis j'arrête 5 jours, j'observe et si nécessaire je renouvelle durant 7 jours.

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7. 8 Septembre : arrêt du traitement. 
La plaie est importante et la partie croûteuse encore saillante du sarcoïde tombera le lendemain.

14 Septembre

Malgré la réticence de l’âne à accepter le soin à cause de la douleur sur la zone devenue très sensible, le vétérinaire conseille la reprise de Red Balm® car des bourgeons sur le pourtour de la plaie persistent. Cela fait 5 jours que j’ai laissé reposer ; j’applique donc de nouveau mais seulement sur le pourtour au coton tige ; et durant cinq jours.

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8. Sur la même jambe à côté du premier est apparu le début d’un troisième sarcoïde ! J’applique donc immédiatement la pommade. Je ne mets plus de pansement et lorsque je nettoie le troisième sarcoïde encore très petit, il part complètement dans la compresse au bout de trois jours et cicatrise entièrement en très peu de temps. Sur le premier sarcoïde, le traitement est difficile car l’âne a maintenant développé des stratégies qui rendent acrobatique l’approche de sa plaie… On poursuit quand même la reprise du traitement conformément au conseil du vétérinaire, durant 5 jours.

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9. La plaie qui pendant les 5 jours d’arrêt précédent avait un peu cicatrisé, redevient à vif : là, l’âne ne supporte plus qu’on s’en approche. Après les cinq jours, on laisse donc reposer en l’état ; à l’air, en nettoyant si besoin.

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10. Novembre/Décembre : durant un mois je lui donne quotidiennement du RS Immuno®, un complément alimentaire pour renforcer ses défenses. La plaie sèche, elle est en bonne voie de cicatrisation. Le sarcoïde du fourreau reste stable.

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11. Janvier/Février 2015 : on laisse vraiment refroidir la jambe avec un bon espoir de guérison. La peau semble redevenue normale et sombre sur les trois quarts de la zone. Pour contrôle, je photographie le sarcoïde du fourreau chaque fois que je le peux.

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12. 14 mars 2015 : le sarcoïde de la jambe est très résorbé mais une petite zone non cicatrisée persiste. J’applique dessus à l’aide d’un pinceau de l’argile verte mélangée parfois avec un peu de teinture mère de thuya tous les deux ou trois jours. La plaie sèche. La peau devient rosée avant de reprendre sa couleur sombre. Comme ce mélange sèche vite à l’air, ça fait une sorte de pansement et je me dis que si d’aventure le sarcoïde « reprenait » à l’été prochain, j’appliquerais de l’argile dessus pour faire un rempart contre les mouches. Je lui donne à nouveau du complément RS Immuno® durant trois semaines.

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13. Mai/Juin/Juillet : j’arrête l’ail durant quelques semaines. La plaie de la jambe est cicatrisée, je décide de ne plus y toucher. Le sarcoïde du fourreau semble résorbé, il n’est quasiment plus visible.

POMMADE RED BALM®
Comptez environ 160 € pour un pot de 28,5 g.

30 Juillet 2015

L’âne a maintenant 6 ans et demi. Le sarcoïde de la jambe n’est pas réapparu ; celui du fourreau n’est plus qu’une très vague petite trace sombre.

En conclusion

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J’espère que le sarcoïde de la jambe a été tout à fait détruit et qu'il était le principal, cela pourrait expliquer que celui du fourreau ne se soit jamais développé. Dans le doute, je ne touche plus aux zones qui ont été atteintes. Il est évident qu’il a fallu être très présent durant tout le processus de ces soins, principalement dans les premiers mois du traitement. Le petit pot initial de 28,5 g de pommade Red Balm® n’a pas été complètement utilisé.

L'histoire de Monsieur Guillot que nous remercions vivement pour son témoignage de qualité, est un exemple encourageant. La résorption du sarcoïde du fourreau peut être liée à la guérison du premier, même si la notion de sarcoïde-mère n'est pas démontrée.

L'ensemble des mesures diététiques, des compléments immunostimulants et des soins établis durant ces longs mois peut participer de cette réussite. ■

Mots clés âne sacoïdes verrue tumeur soins Selekt XXTerra® Red Balm® Red balm sarcoïde RS Immuno®

Commentaires

chassagne.emma@gmail.com 08/04/2017
Bonjour, J'ai moi aussi été confronté aux sarcoïdes sur mes deux ânesses, la première a eu en 2010 (l'ânesse avait 8ans) un sarcoïde sur l'oreille, et la deuxième en 2017(elle a 4ans), deux sarcoïdes (dont un principal) sous le ventre, j'ai traité les deux de la même façon avec une pommade stimulant les défenses immunitaires, la première avec du Sarcoff (qui a été retiré de la vente) et la deuxième avec du SarcX. Actuellement je n'ai pas eu de récidive des sarcoïdes. Pour la deuxième j'ai également compléter avec un traitement homéopathique a base de granule thuya (contre les verrues et tumeur) et d'arnica (pour la douleur). Ainsi qu'une application d'argile et teinture mère de thuya (avant de trouver le sarcX). Les soins énergétiques (reiki) ou le shiastu sont également, je pense, de bons compléments pour une meilleure efficacité des traitements. Bon courage a tous les propriétaires qui rencontreront ce type d'expérience !